15/10/2018 | Cette vallée du Pays basque, au-dessus de Saint-Étienne-de-Baïgorry a ouvert ses portes. Du jambon Kintoa à ses truites élevées dans neuf piscicultures, elle a démontré qu’elle est aussi la vallée de l’Excellence.
Les Aldudes Xabi Harispe
La vallée des Aldudes (Le chemin des hauteurs) située au-dessus de Saint Etienne-de-Baigorry,frontalière du Pays de Quint (Kintoa), s’étire le long de la Nive – et ses truites —. jusque Urepel, dernier village de la vallée. Dans cette « principauté », le travail y est roi car la beauté de ce paysage sauvage se paie au prix du labeur et le taux de chômage atteint péniblement 3%! Grâce à des entrepreneurs audacieux comme Pierre Oteiza, qui emploie à lui seul 42 personnes dans son entreprise, mais aussi la famille Harispe qui a inauguré une de ses piscicultures la veille de ces Portes ouvertes.

Voilà quatorze ans, et tous les deux ans, que la Vallée des Aldudes (« Le Chemin des hauteurs »), enclave du Pays basque profond et authentique, et ses trois villages, Les Aldudes, Urepel et Banca, aux confins du pays de Quint, ouvre ses portes – et ses bras — à ceux qui ont une méconnaissance de cette véritable petite « principauté » de l’Excellence. Une zone de pâturages et de bois qui s’étend sur deux à six kilomètres pour une surface de 2 500 hectares. Typique, unique, belle et rude. Le taux de chômage culmine – seulement – à 3% de sa population active. Mais ce pays de montagne est atteint du mal des grands espaces, l’érosion de sa population. Alors qu’elle manque de bras et que des entreprises – transmises ou créées -, respectueuses de la terre qui les porte, y réussissent. C’est pour cela que l’association Adudeko Ibarra Beti Aintzina (AIBA) a choisi le thème du travail pour cette édition 2018. Quel homme politique repousserait une telle démarche?

Véritable levier économique de la vallée, AIBA n’a pas besoin d’agences spécialisée pour constater qu’elle a besoin d’agriculteurs, d’artisans, de commerces dans le secteur de la restauration ou de l’hôtellerie, et de l’initiative. Or paradoxalement, ce petit bout de terre offre des produits de référence derrière la bannière de Pierre Oteiza – dont l’épouse Catherine est vice-présidente de l’association (notre photo)- qui a ressuscité le porc Kintoa (issus du nom Quint) et qui fait travailler 50 personnes. Ou de la famille Harispe, qui depuis trois générations a apporté ses lettres de noblesse à l’élevage de la truite et aux neuf piscicultures de la vallée qui s’y consacrent ou encore le fromage de brebis des Aldudes.

La famille Harispe, référence française de la pisciculture bio

En général, la veille, l’association donne le coup d’envoi de ces journées par un petit événement. Ce vendredi, aux Aldudes, il s’agissait d’inaugurer (nore photo) les travaux effectués sur une des deux piscicultures tenues par les frères Bertrand – par ailleurs maire du village – et Xabi Harispe, natifs de la vallée. Créée en 1964 par Gracien, leur grand-père, puis gérée par leur père Michel et leur oncle, les deux frères l’ont rachetée en 2009.  » C’est une pisciculture que nous avons converti en bio dès 2010 et c’est aujourd’hui la seule du département qui est conduite avec la certification agriculture biologique. », explique Xabi. D’importants travaux et investissements ont été effectués depuis début 2018. En augmentant la hauteur des bassins nous avons augmenté le volume d’élevage. Comme nous avons optimisé tous les moyens d’oxygénation et ceci dans un but de réduction de l’empreinte énergétique de la pisciculture ».

Des efforts, des améliorations qui ont été couronnées par plusieurs certifications: « Agri Confiance », mais aussi la seule certification environnementale qui existe en France « Aquarea » (aquaculture respectueuse de l’environnement en Aquitaine), mise en place avec la Région et le Groupement défense sanitaire aquacole aquitain, un organisme que Xabi Harispe a présidé entre 2012 et 2016. « Nous avons signé cette charte avec la Région Aquitaine et l’État en 2013. Aujourd’hui, 98% des piscicultures de l’Aquitaine et 100% des piscicultures basques sont adhérentes à cette charte environnementale.  »

Depuis 2010 enfin, Xabi Harispe est président GDS Nive-Nivelle qui rassemble treize piscicultures et il a en charge la gouvernance sanitaire et environnementale des cultures et cours d’eau sur lesquels ele se situe. Dans la seule vallée des Aldudes, il y a neuf piscicultures sur le seul bassin-versant de la Vallée des Aldudes en intégrant Baigorry, et quatre autres sur les bassins-versants voisins, et qui portent à trente leur nombre dans le département des Pyrénées-atlantiques.

« Au niveau de la pisciculture des Aldudes, nous sommes adhérents de la coopérative Aqualande qui est située à Roquefort dans les Landes. Il s’agit du premier groupe français, espagnol et européen. Pour exemple, notre produit leader, est la truite fumée sous marque Ovive et la pisciculture des Aldudes produit exclusivement de très grandes truites, entre 2 et 2,5 kgs et destinée au marché français qui s’est développé très fortement ces dernières années. Les consommateurs l’ignorent peut-être, mais la truite est un produit 100% français puisque nous maîtrisons toute la filière de la reproduction à la commercialisation. »

Aux Aldudes, on joue toujours collectif et solidaire

Autant de travail, de respect de la nature et de contribution à la sauvegarde de la vallée qui ont conduit un important aréopage d’élus et personnalités de la région à accompagner Xabi et Bertrand à l’inauguration de leur pisciculture: Alain Rousset, président de la région; Jean-Jacques Lasserre, président du Conseil départemental; du conseiller régional Andde Sainte-Marie, Annick Trounday, conseillère départementale; les sénateurs (trice) Brisson et Frédérique Espagnac, le préfet Payet et le sous-préfet Johnatan, mais aussi le maire de Jurançon Michel Bernos et les présidents de la Chambre de métiers et de la Chambre d’agriculture, Gérard Gomez et Guy Estrade et beaucoup de maires du Pays basque.
La famille Aubard,

« J’ai basé mon discours sur les valeurs communes partagées entre la conduite de la pisciculture et les engagements que l’on a collectivement », conclut Xabi Harispe: « l’esprit d’entreprise et de l’engagement collectif sous tous les aspects de solidarité, la volonté de travailler en commun, la volonté de progresser ensemble, de partager des ambitions communes, c’est-à-dire attirer de nouveaux habitants et créateurs d’entreprise dans la vallée, de nouveaux lieux d’accueil et d’hébergements et repenser aussi les conditions et les outils de la mobilité. Il faut beaucoup travail, de constance, de confiance en l’avenir et les hommes, surtout aussi une grande capacité d’adaptation et de remise en question. ..grande capacité d’adaptation et de remise en question. J’ai aussi souhaité rendre hommage à notre Europe qui nous accompagne dans nos projets et dont il faut savoir dire les contributions et se souvenir de ses mêmes valeurs fondatrices. »

Comme dans ce rugby des campagnes que l’on dit parfois en voie de disparition, mais où l’on sait jouer collectif, solidaire, cette petite vallée des Aldudes, depuis quatorze ans, patiemment n’en signerait-elle pas la résurrection?

Economie du Jambon Kintoa et de la région des Aldudes

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